Pour que la communication ne remplace pas la vérité des chiffres et des faits

ConcertationNouvelle dynamique ?ÉcologieGestion rigoureuse et désendettementDémocratie et respect des habitants et des électeurs

Il y a quelques semaines, nous avons tous reçu un très beau document de 12 pages en couleur, intitulé « Bilan de mandat 2020 – 2026, Une nouvelle dynamique pour Thorigné-Fouillard ».
Très bel exercice de communication que nous, candidats sur la liste « Construisons l’Avenir Ensemble » souhaitons décrypter, afin que vous soyez informés de la lecture que nous en faisons avant d’aller voter le 15 mars prochain.
A ce titre, nous vous rappelons qu’avec deux listes candidates :
Il n’y aura qu’un seul tour : le 15 mars et les bureaux de votes seront ouverts de 8h à 18h.

Dès la première phrase de l’édito du maire-candidat, le ton est donné :
« … nous avons exercé avec conviction le mandat pour lequel vous avez été une majorité à nous faire confiance »

Nous ne mettrons pas en doute le fait que l’équipe sortante a travaillé dans un contexte de succession de crises internationales et nationales. Il faut en convenir et même la remercier de son engagement.

Nous lui donnons acte de ses réalisations dans ce contexte. Même si amender le programme au regard du contexte eut été salutaire. Ses choix lui appartiennent, nous en avons soutenu certains, nous nous sommes opposés à beaucoup d’autres, c’est légitime en démocratie. Mais les faits sont les faits et les chiffres sont les chiffres et nous ne pouvons pas laisser dire n’importe quoi. Formellement ce n’est pas faux, il faut une majorité pour être élu, même avec 10 voix d’écart. Mais en 2020, à la veille du confinement généralisé, avec une participation à 44,09 % et 42,57 % de votes exprimés, la fameuse majorité ne représente que 21,36 % du corps électoral…

VOICI LES FAITS

« Toutes ces réalisations l’ont été avec l’implication des habitants au travers de nombreuses concertations »

PARLONS DE LA CONCERTATION :

Durant tout le mandat, nous avons dénoncé l’absence d’information de la population sur les projets structurants. En cinq ans, la commune, en lien avec Rennes Métropole, a modifié deux fois le Plan Local d’Urbanisme Intercommunal (PLUI) et le Programme Local de l’Habitat, sans jamais organiser de réunion publique, ni présenter de plans et de projets dans l’AMI ou sur le site internet, avant les consultations obligatoires.

Même en Conseil municipal, le maire a refusé de répondre à nos questions sur les dernières modifications du PLUI. (Conseil Municipal du 09/12/2024).
Ce n’est qu’après le vote du projet modifié de la ZAC multisites, le 30 juin 2025, que les plans et les précisions sur les volumes à construire ont été diffusés dans l’AMI n°386 de la rentrée dernière. Faut-il être alors surpris que plusieurs recours administratifs aient été déposés contre la ZAC multisites dans les semaines qui ont suivi son adoption ?

Et que dire des décisions autocratiques comme :

L’abandon de la voie de contournement, justifiée par l’arrivée du Tram bus (Conseil Municipal du 19/04/2021).
L’abandon du Tram Bus, pourtant vanté (AMI 352 et 367, Conseil Municipal des 28/06/2021 et 09/05/2022)
La sortie de la commune du projet Via Silva… (alors même qu’une partie de son territoire est concernée avec celles de Cesson-Sévigné et Rennes).

Urbanisme, un domaine réservé !

Nous avons également dénoncé les dysfonctionnements des commissions municipales, particulièrement celle de l’Urbanisme. Après la démission en début de mandat de l’adjoint à l’urbanisme, aucun remplaçant n’a été nommé, elle est donc présidée par le maire. Dans la quasi-totalité des cas, les convocations ne nous sont parvenues qu’à l’ultime limite légale et les documents ne nous ont été rendus accessibles que dans la journée de la réunion. La fameuse Charte des promoteurs a été adoptée après trois petites réunions bâclées d’une commission créée pour la circonstance et n’a eu comme choix qu’un copié/collé de celle de la commune du Rheu, sans véritable débat et ni documentation comparative du sujet. Des commissions extra-municipales, pourtant créées n’ont jamais été réunies : Commission accessibilité et comité consultatif « vie économique »…

La concertation est dans la communication, pas dans la pratique !

PARLONS DE « LA NOUVELLE DYNAMIQUE » :

Nous sommes dans un département attractif qui gagne environ 10 000 habitants nouveaux chaque année depuis plusieurs décennies.
Pour simplifier, 50 % s’expliquent par un solde naturel positif (plus de naissances que de décès) et un solde migratoire positif (plus d’arrivées que de départs) pour les autres 50 %. Le bassin rennais compte pour environ 50 % de l’ensemble. Pour le moment l’Ille-et-Vilaine est le seul département breton à conserver un solde naturel positif.
En 2020, Thorigné-Fouillard était la 17ième commune du département en terme démographique.
Aujourd’hui, elle est 19ième, Liffré et Chartes de Bretagne sont passées devant nous. Ce classement est établi sur la base des données de l’INSEE arrêtées à 2023, il est probable que nous soyons encore plus loin dans le classement quand nous disposerons des statistiques du recensement de 2025.
En 2021, le maire et la première adjointe se sont présentés aux élections départementales sur le canton de Liffré dont nous faisons partie et ont écrit dans un tract que, « certes, le canton est celui de Liffré mais la principale commune est celle de Thorigné-Fouillard » …
5 ans plus tard le constat est sans appel : Liffré a gagné environ 1 700 habitants et nous environ 200 sur la même période.
Entre 2017 et 2023, notre commune se situe au 69ième rang de la progression démographique. Depuis 2024, le solde naturel de notre commune est négatif (plus de décès que de naissance).

Cela s’appelle un décrochage total.

Ce n’est pas le fait du hasard mais le résultat d’une politique. Souvenez-vous en 2020, la majorité actuelle a fait campagne sur le fait qu’il fallait réduire le nombre d’immeubles (surtout à proximité de leurs lieux de résidence et surtout pas de logements sociaux).
En bloquant ou retardant 400 logements qui avaient reçu un permis de construire et qui devaient s’intercaler entre la fin de la ZAC de la Vigne et la ZAC multisites, la livraison de logements s’est arrêtée.
D’autres logements ont vu le jour, (200 dit le bilan) tous ne sont pas livrés, et pas prêts de l’être (ceux en Bail Réel Solidaire notamment) et la très grande majorité sont des logements en accession classique à la propriété, peu abordables et peu dimensionnés à l’accueil de familles avec jeunes enfants.

Communication sélective : Et les écoles dans tout ça ?

En revanche, la municipalité ne s’est pas exprimée sur la fermeture de 2 classes à l’école publique à la rentrée 2025 , 3 depuis le début du mandat.
En 5 ans, les deux groupes scolaires (public et privé) ont perdu 110 élèves (passant de 878 à 768) !
La baisse de la natalité n’explique pas tout, car si les effectifs des écoles maternelles, primaires et collèges commencent à baisser en France, ce n’est pas la tendance sur le bassin rennais.
Il aurait fallu, aussi, travailler à la rénovation des groupes scolaires publics, en revoir la répartition des cycles pour continuer à être attractifs aux Prés Verts et Grands Prés Verts, plutôt que de réaliser, coûte que coûte, des investissements moins prioritaires par ailleurs.
Et, avec moins d’enfants, ce ne sont pas que les écoles qui souffrent, mais aussi les associations, le commerce et toute la vie de la commune.

Démographie en berne, perte de 12,5 % des effectifs scolaires
Voilà la Nouvelle dynamique promise !

PARLONS D’ÉCOLOGIE :

En 2020, l’équipe aujourd’hui sortante s’était affichée  « écologiste », dans les faits, il n’y a aucune cohérence globale en la matière.
Des panneaux photovoltaïques installés sur la Morinais et, en principe, prochainement sur le complexe 3 raquettes, mais pas de boucle locale d’autoconsommation mise en œuvre.
Des chaudières gaz (Restauration scolaire et Eclat) remplacées par des… chaudières gaz. Ce n’est pas comme cela que l’on va sortir des énergies fossiles et améliorer le bilan carbone.
Remplacement de passerelles en bois par… des passerelles en résine synthétique !
Un budget pluriannuel voté pour la rénovation énergétique des bâtiments publics de 2,4 millions d’Euros jusqu’en 2029 dont près de 60 % sont renvoyés à 2028 et 2029… A ce jour, seul l’Hôtel de Ville a bénéficié de travaux et un système de régulation thermique a été amélioré au complexe sportif de la Vigne. On est loin de l’exemplarité affichée.
Suppression de l’obligation d’installer des cuves de récupération d’eau de pluie sur la 4ième tranche de la Vigne… Alors que cela était mis en place depuis 2002 !
Renoncement au Tram bus ; qui est pourtant une véritable alternative à l’usage de la voiture.
Aucune politique d’achats responsables mise en œuvre, et on achète en Chine des gourdes siglées Thorigné-Fouillard….
Où sont passés les moutons et bovins qui assuraient l’éco pâturage à l’entrée de la commune ?
Combien d’arbres nouveaux ont été plantés en dehors du remplacement des malades ?
Où sont les bornes de recharges électriques promises dans le centre-ville ?
Où est passé le Plan Alimentaire Territorial promis en 2020 ?
Et on déplore l’absence de réponse à la première sollicitation de la préfecture pour la mise en place de la Zone d’Accélération des Énergies Renouvelables et une consultation en catimini pour répondre à la relance préfectorale dans laquelle on découvrira un projet fumeux de « champ photovoltaïque » à la Juteauderie, vite abandonné devant la contestation massive suscitée par l’association Aneth utilisatrice du site et les riverains qui n’avaient pas été consultés. 

PARLONS DE GESTION RIGOUREUSE ET DE DÉSENDETTEMENT :

La dette municipale est présentée de manière trompeuse. Il y a le budget principal, sur lequel la dette a effectivement légèrement diminué sur le mandat (strict remboursement des annuités pour 1,8 millions d’Euros et un emprunt souscrit pour 1 million, soit une différence de 0,8 million). Mais il y a aussi les budgets annexes, dont celui de la ZAC Multisites, pour lequel la municipalité a emprunté près de 2 millions d’Euros.

L’endettement de la commune s’est donc accru de 1,2 millions sur le mandat !

Extrait du Rapport d’Orientations Budgétaires 2026:

Endettement de la commune présenté au Rapport d'Orientation Budgétaire 2026

L’emprunt de 1 M€ sur le budget principal a été souscrit le 02/08/2023 auprès de la Caisse d’Épargne.
Les deux emprunts de la ZAC Multisites ont été souscrits auprès du Crédit Mutuel de Bretagne, le premier le 25/08/2023 et le second le 23/05/2025.

En soit, ce ne serait pas un problème, il faut s’endetter pour investir. Ce qui est plus litigieux c’est de constater qu’on puise dans le budget annexe de la ZAC (cf. le procès-verbal du conseil municipal du 9 février 2026, pages 7 à 9) pour améliorer le résultat de fonctionnement de l’année 2025 et ainsi sauver la face. Le problème c’est la fuite en avant systématique sur les prévisions de recettes de cessions foncières :
2024 : 2,8 millions d’Euros de recettes annoncés : 80 000 € encaissés.
2025 : 3,2 millions d’Euros de recettes annoncés : environ 900 000 € réalisés (les comptes
2025 ne sont pas définitifs à l’heure où nous écrivons ces lignes).

La gestion hésitante du padel au « très cher » complexe 3 raquettes :

L’association de tennis demandait la création de courts de padel, pour contrer la baisse de ses adhérents et profiter de la popularité croissante de ce sport affilié à la Fédération Française de Tennis.
Début 2025 (Conseil Municipal du 03/02/2025), sans jamais avoir évoqué cette option auparavant, la municipalité a lancé un appel d’offre pour une Délégation de Service Public (DSP) pour la gestion du padel et du nouvel espace de convivialité au sein du « complexe 3 raquettes ».
Nous avons dénoncé ce projet et voté contre la privatisation des activités dans des équipements publics, financés par les contribuables de la commune.
Gestion municipale : Est-ce la solution ?
Le club de tennis a choisi de ne pas répondre à la DSP, pour éviter une double gestion. L’unique offre déposée a été jugée insatisfaisante. La municipalité a donc décidé, quatre mois plus tard (Conseil Municipal du 30/06/2025) de gérer cette activité en régie municipale avec des tarifs différenciés pour les résidents de la commune et les non-résidents.
Tarification unique ou inique ?
Mais, lors du conseil du 29 septembre 2025, faute d’avoir trouvé une solution numérique (sic), seul le tarif le plus élevé a été adopté : 8€ par personne pour 1h30, thoréfoléenne ou non. Le club de tennis bénéficie finalement de 12 heures par semaine d’accès à l’équipement pour ses adhérents.
Alors pourquoi ne pas confier totalement cette discipline à l’association affiliée à la FFT comme cela était pensé au début ? Est-ce à la mairie de gérer partiellement cette activité avec toutes les conséquences administratives, techniques et fiscales générées ?
Projet de restauration abandonné
Le projet de restauration dans l’espace de convivialité semble, pour sa part, abandonné…

Côté Investissements, le complexe « 3 raquettes » atteint désormais les 3.6 M€ TTC, bien loin des 1,2 M€ annoncés au départ.

Bistroc : 550 000 € d’argent public engloutis, pour quel résultat ?
-> Rachat des murs : 380 000 € (en portage par Rennes métropole pour le moment)
-> Fonds de commerce : 120 000 € 
-> Frais annexes et licence : aux alentours de 50 000 € 
-> sans compter les frais de mise aux normes : a minima 170 000 € HT estimés à venir.
-> Deux appels à repreneurs : finalement infructueux.

Beaucoup d’argent public dépensé, sans commerce relancé. 

Était-ce le rôle de la collectivité d’investir autant, alors que les autres commerçants assument seuls leurs risques ? 
Aujourd’hui, la mairie remet tout en vente, mais après deux ans d’inactivité et les travaux à faire, qui rachètera ? Et à quel prix ?

Dans ces 2 dossiers (padel et Bistroc), on constate beaucoup d’hésitations et de confusions entre logique publique et logique privée… A l’arrivée, beaucoup d’argent public investi pour quels résultats ?

Et nous dénonçons également la pratique de certaines préemptions au mépris des intérêts des vendeurs ou expropriés. Le Bistroc, justement dont les exploitants avaient une offre de reprise à 148 000 € et auxquels la municipalité proposait « généreusement » 86 000 €.
Après des mois de « négociation » qui ont coûté fort chers en expertises, en frais d’avocats et de notaire (et aussi en désespoir pour les personnes concernées), la ville a fini par payer 125 000 €… donc au cumul plus que le montant initial
Bis repetita avec les terres agricoles de la Réauté dont les exploitants actuels ont un bail agricole jusqu’en 2032 et que le maire propose d’indemniser à hauteur de 5 000 € quand l’évaluation de la Chambre d’agriculture l’estime à plus de 200 000 €
Gageons, que d’autres dossiers conflictuels patrimoniaux, en cas de réélection de l’actuelle équipe se termineraient par des expropriations dans le cadre de Déclaration d’Utilité Publique ! Sur le secteur du centre bourg, la délibération, que nous avions dénoncée est déjà prête à l’emploi.

PARLONS DÉMOCRATIE ET RESPECT DES HABITANTS ET DES ÉLECTEURS :

A tout le moins, une équipe municipale a le devoir de respecter et de faire respecter les libertés fondamentales.

Les libertés fondamentales malmenées :
La majorité aurait-elle des problèmes avec les convictions politiques, philosophiques et religieuses ?
Déjà, nous nous étions insurgés contre la modification du règlement intérieur de la Médiathèque (Conseil Municipal du 18/09/2023) qui interdit désormais l’accès à l’auditorium aux « manifestations ou associations à vocation politique, religieuse, syndicale et commerciale. »
De même, le règlement intérieur du conseil consultatif « du bien vieillir à Thorigné-Fouillard » adopté sous l’égide du Centre Communal d’Action Sociale, présidé par le maire « dispose que les anciens élus et leur conjoints ne peuvent y siéger » …
Être ancien élu ou son conjoint, nuirait donc à la citoyenneté !

Dans la première version de la charte de la vie associative, la municipalité a réécrit la formule du Contrat d’Engagement Républicain en altérant totalement le sens du texte.
La formulation écrite par la municipalité était :
« (l’association signataire) s’abstient de toute prise de position sur des convictions politiques, philosophiques ou religieuses et se conforme aux règles communes régissant ses relations avec les collectivités publiques. »
Alors que le texte officiel dit :
« L’interdiction de se prévaloir de convictions politiques, philosophiques ou religieuses pour s’affranchir des règles communes régissant ses relations avec les collectivités publiques. »

Évidemment nous nous sommes opposés à cette formulation qui change totalement le sens et la portée juridique du texte. Nous avons donc voté contre cette charte en mars dernier (Conseil Municipal du 24/03/2025).
Comme nous-mêmes certaines associations et le Conseil de la Vie Associative, ont demandé la reprise de la phrase dans son intégrité rédactionnelle. Lors du Conseil municipal de septembre dernier, la majorité a enfin décidé de reprendre la bonne formulation par le biais d’un avenant, ce dont nous nous félicitons.

Les électrices et les électeurs dupés !
Faut-il s’étonner de ces pratiques de la part d’une équipe qui s’est présentée « sans étiquette politique » mais prétendument « écolo » et qui siège au sein de l’opposition au Conseil métropolitain ?
Rappelons-nous aussi que le maire et la première adjointe se sont présentés aux élections départementales en 2021, toujours avec des bulletins verts mais investis par l’Union du Centre et de la Droite, et qu’ils n’ont pas jugé utile de se maintenir au second tour pour lequel ils étaient quasi sûrs d’être battus mais pour lequel ils étaient néanmoins qualifiés.
Le respect des électrices et des électeurs ne semble pas faire partie de leur conception de la vie publique !
Souvenons-nous qu’aux élections législatives le maire, et c’est son droit, a soutenu officiellement Laurence Maillart-Méhaignerie, députée macroniste sortante.
Tout ceci est vérifiable et connu, mais cela ne l’empêche de se présenter encore aujourd’hui en se disant « sans étiquette politique ».
Chacune et chacun est libre de défendre ses convictions politiques, c’est très respectable.
Ne pas être d’accord sur tout est un principe de la démocratie, mais assumer ses convictions, en transparence avec les électrices et les électeurs, c’est mieux. Cela s’appelle l’éthique !